2-Souvenirs

J’ai pris ce carton et je l’ai ouvert ; j’ai inspiré un bon coup quand le vent des souvenirs a voulu m’étouffer et j’ai pris la première lettre sur le tas.

Y a comme une voix qui m’a dit « t’es sûre de vouloir faire ça ? » et j’aurais voulu lui crier que non non non, mais je suis dans le train, non ? Je vais pas encore me débiner maintenant.

Non, mais comme experte de la fuite, difficile de trouver mieux. Je suis comme désarmée face aux événements de ma vie et c’est comme si, à chaque croisement des chemins, j’avais pété un fusible. Comme si j’avais trouvé un moyen pour faire disparaître la magie des instants et faire un truc que je ne pensais pas.

Mais j’ai pas d’excuses, hein.

C’est pour ça que quand j’ai lu les premières lignes, j’ai dû m’arrêter parce que c’était trop.

A mon ange ailé…

J’ai fermé les yeux en appuyant fort sur mes paupières pour oublier que tout ça est réel, que merde, on est maître de sa vie, et que la vache, j’étais encore entrain de me dégommer le coeur à braver les interdits.

J’ai soupiré.

Mais là, ça vaut le coup, non ?

J’ai soupiré et j’ai recommencé à lire.

Le temps passe vite, si vite et si lentement… Ça fait six mois que ton image me suit partout ; j’ai essayé de tout effacer, je te promets que j’ai essayé de recommencer, de construire quelque chose.

J’ai changé de métier, je me suis réalisée un peu partout ; je suis une jeune femme épanouie, comme on dit. J’ai tout : l’argent, les voyages, le bonheur, un travail et des amis que j’aime, la réussite.

Et toi ?

L’autre jour, j’ai repensé à comment tout a commencé. Et c’est une histoire assez incroyable ; les histoires d’amour ont ça de fou. Elles dépassent vos rêves les plus dingues, en construisent de nouveaux et comme une étoile filante, une fois évaporée, elles vous laissent avec ce doute.

Dis-moi, c’était bien réel, tout ça ?

Et pour la première fois depuis dix ans je me suis autorisée à repenser à nous.

Tous les murs sont tombés sur le passage de la vague des souvenirs qui a déferlé, entrant pour une fois par la porte d’entrée.

Jusqu’à me submerger.

 

Maéli

 

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